Aller au contenu
WIFAQ
Accueil Mon parcours Comprendre la loi Soutenir

Le jour venu : accompagner un proche, pas à pas

Un guide calme pour les premières heures, les premières semaines et les premiers mois. Mise à jour : juin 2026.

إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ

« Nous appartenons à Allah, et c'est vers Lui que nous retournons. »

Qu'Allah lui fasse miséricorde. Vous n'êtes pas seul. Nous allons avancer pas à pas, dans l'ordre : d'abord ce qui ne peut pas attendre, ensuite le reste. Si votre proche avait préparé son dossier sur cet appareil, ouvrez aussi sa Fiche Janāza : elle contient ses volontés.

Les premières heuresLes premières semainesLes premiers mois

Les premières heures

Dans les premières 24 à 48 heures

La tradition invite à ne pas retarder l'inhumation sans nécessité. Tout s'enchaîne vite : voici l'ordre.

Constater et déclarer

  • Faire constater le décès par un médecin, qui établit le certificat de décès.
  • Déclarer le décès à la mairie du lieu (en pratique sous 24 h), qui délivre l'acte de décès : demandez-en plusieurs copies, elles serviront partout.
  • Prévenir une mosquée et, si la famille le souhaite, un opérateur funéraire musulman : ils connaissent les démarches et le carré musulman.

La toilette et la prière

  • La toilette rituelle (ghusl) est accomplie par des personnes du même sexe que le défunt, dans la pudeur. Il est rapporté que ce qui y est vu se tait.
  • Le linceul (kafan) est simple et blanc, sans dépense excessive, comme il est rapporté de la tradition.
  • La prière funéraire (janāza) est accomplie de préférence avec de nombreux priants. Il est rapporté que leur intercession est espérée.

L'inhumation

  • En France, la mise en bière (cercueil) est obligatoire et l'inhumation a lieu entre 24 h et 6 jours ouvrés (des dérogations préfectorales existent). Le carré musulman est une facilité accordée par le maire : renseignez-vous sur les communes voisines si besoin.
  • En cas de rapatriement, un cercueil hermétique et des formalités consulaires sont requis. Vérifiez si une assurance rapatriement figure dans le dossier du défunt.
  • Les frais funéraires se règlent en premier sur les biens du défunt (point unanime des écoles). La banque peut, sur présentation de la facture, les prélever sur ses comptes.
Là où les usages diffèrent d'une école à l'autre, votre famille suivra l'avis de ses référents. Ce guide informe. Il ne tranche pas et ne remplace ni l'imam, ni un savant.

Les premières semaines

Les deux à quatre premières semaines

Prévenir les organismes

  • La banque (les comptes au seul nom du défunt sont gelés jusqu'au règlement de la succession), les assurances (dont l'assurance-vie : le bénéficiaire désigné la réclame directement), l'employeur ou France Travail (ex-Pôle emploi), la caisse de retraite, la CPAM, la CAF.
  • Le bailleur ou le syndic, les abonnements (énergie, téléphone, presse) à résilier ou transférer.
  • Conservez un dossier unique avec plusieurs copies de l'acte de décès et du livret de famille.

Prendre rendez-vous chez le notaire

Le notaire ouvre la succession, recherche un éventuel testament au fichier central (FCDDV), établit qui hérite et organise le partage. Apportez ce que le défunt avait préparé (sa trame, son bordereau, sa Fiche Janāza s'il en avait).

Le notaire devient obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier, un testament, un contrat de mariage ou des biens d'une certaine importance. Pour une petite succession sans bien immobilier, des démarches plus simples peuvent suffire. La banque et la mairie vous renseignent.

Le choix de chaque héritier

Avant d'accepter, chaque héritier a un choix à faire avec le notaire : accepter, accepter seulement à hauteur de ce que laisse le défunt (afin de ne pas payer ses dettes sur ses propres biens), ou renoncer. En cas de doute sur les dettes (emprunts, sommes dues, dépôts à restituer), ne signez rien d'irréversible avant d'en avoir parlé au notaire.

Ce qui apaise

  • Les condoléances sont simples, de préférence dans les trois jours. Il est rapporté qu'on ne charge pas la famille endeuillée de recevoir. C'est à l'entourage de lui préparer à manger.
  • Les larmes ne sont pas un mal. Les lamentations bruyantes sont à éviter.
  • Plutôt que des fleurs : une invocation, une aumône au nom du défunt, un tort réparé. C'est cela qui lui parvient.

Les premiers mois

Les premiers mois, jusqu'au partage

L'ordre des choses

Avant tout partage, restituez les dépôts (amāna) détenus pour autrui et acquittez les dettes du défunt. Son registre, appelé Daftar, peut vous guider. Une zakât restée due se règle avec l'aide d'une personne compétente, tout comme les autres obligations qu'il avait notées.

La succession et le partage

  • Le notaire établit la dévolution selon le droit français (qui réserve aux enfants une part protégée, répartie également entre eux) et les éventuelles dispositions du testament, dans la limite de la quotité disponible.
  • Si la famille souhaite un partage inspiré du farā'iḍ (les parts successorales prescrites) au-delà de cette limite, il ne se fait que par le consentement libre et notarié de tous les héritiers, jamais sous pression.
  • Une sadaqa jāriya (une aumône qui continue d'agir) faite au nom du défunt, qu'il s'agisse d'un legs qu'il avait prévu ou d'un don de la famille, lui parvient encore.

Pour l'épouse

La Loi prescrit à la veuve une période de retraite (ʿidda) de quatre mois et dix jours. Si elle est enceinte, cette période va jusqu'à l'accouchement, selon les versets 2:234 et 65:4 du Coran. Elle se vit dans la mesure des capacités, en tenant compte du travail et de la sécurité. Que nul n'impose au-delà de ce que la Loi demande.

Plus tard

La visite des tombes rappelle l'au-delà. Elle se fait dans la dignité et sans lamentation. Il n'est pas rapporté de la tradition que le deuil soit fixé à des dates précises, comme le quarantième jour ou un anniversaire. L'invocation et l'aumône restent encouragées sans date imposée. Sur ces usages, votre famille suivra l'avis de ses référents.

Information générale et pédagogique, écrite avec retenue. Ce guide ne délivre ni avis religieux (fatwa), ni conseil juridique : les actes se font avec un notaire, et les questions religieuses se posent à un savant qualifié. Rien ne quitte votre appareil.

Préparer dans le calme ce que les vôtres vivront un jour.

Wifaq vous informe et vous prépare. Il ne remplace aucun professionnel. Notre méthode. Mentions légales et confidentialité.